Première rencontre
A la demande de June, ma première rencontre avec David.
J'ai écrit donc le long cheminement qu'il m'a fallu pour comprendre qui j'étais, ce que signifiais bisexuel, et que cela s'appliquait à moi.
Seulement, une fois cela accepté, je me sens seul. Différent. Presque anormal.
Internet aidant, j'ai essayé de rencontrer d'autres "bi" dans mon cas, pour en parler. Je ne tombais que sur des mecs qui cherchaient un plan cul et basta.
Je laissais tomber les messageries, me disant que ça ne me menerait à rien.
Un jour, pourtant, un message : David. Il m'écrit : qu'il est dans la meme situation que moi, qu'il se sent seul, qu'il voudrait m'en parler.
Nous commencons à échanger. Pour la première fois de ma vie, je peux parler librement de ce que je ressens à quelqu'un. Sans honte. Sans jugement. Je me sens libéré.
Des soirées entières à tchater.
Mais en même temps, l'aiguillon douloureux de l'infidélité : je n'étais pas passé à l'acte mais je me rendais malade de ce que je faisais : nos tchats incessants, c'était déjà tromper un peu ma femme, je m'en rendais compte.
Je sentais surtout le danger à continuer, car cela appelait une suite, d'avantage. J'avais peur et envie en meme temps.
Mais je culpabilisais, me traitais intérieurement d'ordure, de pourri, de salaud.
Je me disais que je me mentais à moi même en me disant amoureux de ma femme. Je me haïssais.
Et en meme temps, dans tout cela, restaient nos séances de tchats, comme une bulle, comme des moments hors du temps.
Un jour David lance "il faut se rencontrer non ?"
J'ai peur. Depuis des semaines, on se parle, ce type est génial, il me comprend, il est à l'écoute, on est exactement sur la meme longueur d'onde, j'ai très peur de le rencontrer, peur d'être faible...
On se donne pourtant rendez vous dans un bar.
Je tombe sous le charme.
On s'était dit avec David : "on a tous les deux besoin de vivre notre bisxexualité ,mais c'est purement sexuel hein, c'est pas des sentiments"
En fait, je crois qu'on avait peur de nos sentiments. Car dès la première heure, il était évident que j'étais dingue de ce type.
On a parlé encore des heures au bar, on a rit, on s'est raconté des souvenirs amers.
Je l'ai quitté, un peu vite, il me faisait trop d'effet, je voulais couper court, j'avais l'impression de ne plus rien maîtriser, j'ai fuit.
A peine chez moi, un mail de David qui ressemble à un mail amoureux où il a pris soin d'éviter les mots qui "fachent" : "amour", "sentiment", "aimer" mais où je le sens très amoureux tout de même.
Plusieurs rencontres ensuite. Je freine des quatres fers, j'ai peur de passer à l'acte. J'en meurs d'envie, mais la culpabilité est horrible : j'en ai mal au ventre durant des semaines, je ne dors pas beaucoup, je n'ai plus faim. J'ai honte d'être comme je suis. Je voudrais couper court, dire à David "on en reste là", mais je mesure ma chance de l'avoir rencontré. Le perdre serait terrible.
On continue de se voir, dans un bar, un mac do, toujours "pour discuter". David est patient, il comprends mes peurs, il ne me demande rien.
Il me dit juste qu'il est heureux de m'avoir trouvé, qu'il comprend que je ne veuille pas aller plus loin, mais qu'il a été trop longtemps tout seul à vivre tout ça qu'il ne veut pas me perdre.
Moi aussi, j'ai peur de le perdre.
(à suivre...)
09/10/06 - 22:45
c'est trop flateur "a ma demande" lol
merci pour ce petit recit !
il a de la chance de t'avoir pas de toute.
june